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Des élections cruciales aux États-Unis qui devraient produire des résultats politiques très différents

24 avril 2024

Des élections cruciales aux États-Unis qui devraient produire des résultats politiques très différents

24 avril 2024

Commentaire

Cette année marque le 50e anniversaire de la revanche entre les boxeurs poids lourds Mohammed Ali et Joe Frazier, qualifiée de « Super Fight II ». Il s’agissait du deuxième d’une série de trois combats légendaires. Il suivait le « Combat du siècle » et précédait le « Thrilla in Manilla ». Le 5 novembre, les candidats à la présidence pour l’élection de 2024, Joe Biden et Donald Trump vont de nouveau s’affronter dans l’espoir de remporter un deuxième mandat. Les sondages actuels compilés par RealClearPolitics donnent un léger avantage à Donald Trump à l’échelle nationale, ainsi qu’une longueur d’avance dans les sept États clés, déterminants pour le résultat final. Le président Biden a déposé son budget à la mi-mars1, offrant ainsi la feuille de route de ses ambitions pour son deuxième mandat. Quant à Donald Trump, nous avons les résultats de son premier mandat ainsi que ses déclarations publiques depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche. Les différences de styles et de politiques de ces deux candidats supposent des répercussions et des risques très différents sur l’économie américaine. Nous examinerons ci-dessous les conséquences qui découlent des propositions sur la politique budgétaire, le commerce, la réglementation et la géopolitique.

Perspectives en matière de politique budgétaire

En ce qui concerne la politique budgétaire, les deux candidats et leurs partis respectifs sont diamétralement opposés. Le président Biden et les démocrates n’ont aucun problème à augmenter les dépenses et les impôts, en s’appuyant plus sur les impôts que sur la réduction des dépenses pour réduire le déficit. Et les priorités en matière de dépenses ne seront pas sacrifiées au nom de la réduction du déficit.

En revanche, l’ancien président Trump et les républicains sont enclins à réduire les impôts et à limiter les dépenses, cette deuxième mesure étant le principal moyen de contrôler le budget. Et les priorités fiscales l’emportent sur la réduction du déficit.

La promulgation de lois qui mettent l’accent sur ces différences politiques frappantes exige que le parti du président contrôle aussi le Congrès, un alignement qui a tendance à ne pas durer longtemps. Par exemple, la American Rescue Plan Act et la Inflation Reduction Act ont été adoptées au cours des deux premières années de l’administration Biden, lorsque les démocrates contrôlaient la Chambre des représentants et le Sénat. Aucun républicain n’a voté en faveur de ces projets de loi, même si les deux autres parties du trio de la politique industrielle de Biden, à savoir la Infrastructure Investment and Jobs Act et la CHIPS and Science Act, ont profité d’un soutien bipartisan. Au cours des deux premières années de l’administration Trump, lorsque les républicains contrôlaient les deux chambres du Congrès, la Tax Cuts and Jobs Act a été adoptée. Aucun démocrate n’a voté pour ce projet de loi.

Malgré leurs divergences en matière de politique, l’administration Trump a laissé en héritage d’importants déficits budgétaires à cause des réductions d’impôt et de l’aide financière accordée dans le cadre de la pandémie, tout comme le fait l’administration Biden, en raison de l’aide financière liée à la pandémie, des dépenses en santé et de celles liées aux politiques industrielles. Au cours de ces huit dernières années de déficits importants (jusqu’à l’exercice 2024), la dette détenue par le public a presque doublé, passant de 14 200 G$ US (76 % du PIB) à 28 200 G$ US (100 %). En plus de la hausse des taux d’intérêt, cela a fait bondir les dépenses nettes en intérêts, qui sont estimées à 870 milliards de dollars américains cette année, qui devraient atteindre 1 000 milliards de dollars américains à l’exercice 2026. Pour mettre les choses en perspective, cette année, les paiements d’intérêts dépasseront les dépenses militaires; l’an prochain, ils dépasseront aussi les dépenses discrétionnaires non liées à la défense. Cela restreindra la souplesse de la politique budgétaire de quiconque remportera la Maison-Blanche et du parti qui contrôlera la Chambre des représentants ou le Sénat.

Graphique 1. Prévisions de déficit budgétaire des États-Unis (en milliers de milliards de dollars)

Source : Études économiques BMO, CBO.

En plus de la hausse des versements d’intérêts, les décideurs seront au pied du mur budgétaire en 2026. Les réductions d’impôt pour les particuliers, les successions et les entreprises non constituées en sociétés qui faisaient partie de la Tax Cuts and Jobs Act (TCJA) de 2017 devraient prendre fin à la fin de 2025. En 2026, l’incidence sur les revenus après impôt serait d’environ 290 milliards de dollars américains, dont plus de 200 milliards seraient attribuables à la hausse des taux d’imposition des particuliers. Dans la mesure où cette hausse se reflète dans les retenues d’impôt plus élevées au début de l’année, la croissance annualisée du PIB réel pourrait diminuer jusqu’à 4 points de pourcentage au premier trimestre de 2026.

Cependant, lorsque les auteurs de la TCJA ont imaginé cette échéance pour des réductions permanentes de l’impôt des sociétés (en raison des règles budgétaires), ils ont supposé qu’une hausse généralisée de l’impôt sur le revenu des particuliers serait indigeste sur le plan politique. Ils avaient raison. Après avoir pris le contrôle l’an dernier, les républicains de la Chambre des représentants ont déposé un projet de loi visant à rendre permanentes les mesures de la TCJA qui arrivent à échéance. Si M. Trump devient président et que les républicains détiennent la Chambre des représentants et gagnent le Sénat, cette loi pourrait vraisemblablement être adoptée. Le CBO estime que le coût total de la prolongation des mesures de la TCJA jusqu’à l’exercice 2033, ajouterait 3 500 milliards de dollars américains au déficit cumulatif (voir le graphique 1).

Le président Biden a l’intention de rendre permanentes les mesures fiscales qui arriveront à échéance uniquement pour ceux qui gagnent moins de 400 000 $ dollars américains. La prolongation sera financée grâce à des « réformes supplémentaires visant à s’assurer que les riches et les grandes sociétés paient leur juste part ». Ces « réformes supplémentaires » n’étaient pas décrites en détail dans le budget de 2025 du président, mais il a bel et bien proposé d’augmenter l’impôt des sociétés, notamment en faisant passer le taux de 21 % à 28 % et en supprimant la taxe d’accises sur les rachats d’actions. Le budget de M.Biden augmente également l’impôt des riches en introduisant un taux de 25 % sur le revenu non réalisé des milliardaires et en faisant passer le taux de la tranche de revenu supérieure de 37 % à 39,6 % (sans attendre 2026).

« Les crédits d’impôt en vertu de la Inflation Reduction Act sont dans la ligne de mire des républicains depuis le premier jour. »

Le budget du président marque le lancement des négociations pour l’exercice qui commence le 1er octobre. Jusqu’à l’exercice 2034, le budget de M. Biden prévoit des hausses nettes d’impôt de 4 700 milliards de dollars américains, des hausses de dépenses nettes de 1 800 milliards de dollars américains et des économies nettes d’intérêts de 400 milliards de dollars américains. Il en résulte une réduction de 3 300 milliards de dollars américains du déficit cumulatif sur 10 ans (par rapport à la base de référence de l’Office of Management and Budget), grâce à une imposition plus élevée des sociétés et des riches. Compte tenu des effets compensatoires d’une imposition encore plus importante, on peut présumer que la prolongation des mesures de la TCJA qui arrivent à échéance pour les contribuables ayant moins de 400 000 $ de revenus n’augmenterait pas le manque à gagner sur 10 ans. Cependant, pour que cette proposition budgétaire ait une influence sur les négociations dans le cadre d’un deuxième mandat de M. Biden, les démocrates devraient regagner la Chambre des représentants et conserver le Sénat.

Le résultat de l’élection pourrait également décider du sort de la Inflation Reduction Act (IRA) et de la série de crédits d’impôt qu’elle offre pour les véhicules électriques (VE) et d’autres technologies d’énergie propre. Les crédits d’impôt sont dans la ligne de mire des républicains depuis le premier jour. Même si M. Trump gagne, mais que le Congrès demeure divisé, il pourrait prendre des mesures pour restreindre l’interprétation des lignes directrices et éliminer certains crédits. L’administration Biden a adopté une interprétation large (quels VE sont pris en compte pour le crédit d’impôt), qui, selon les républicains, aide des entités à l’extérieur des États-Unis (et de l’Amérique du Nord). Cette amplitude s’est combinée à des inquiétudes latentes quant à disparition possible de ces crédits si les républicains remportent un triple succès, en entraînant une hausse des demandes et des coûts prévus. À l’origine, le coût de l’IRA était censé être inférieur à 400 milliards de dollars américains, mais des estimations récentes la situent bien au-dessus de 800 milliards de dollars américains. Nous soupçonnons que même certains démocrates se plaignent des conséquences d’un programme de crédit d’impôt non plafonné, quelle que soit la noblesse de ses intentions.

On échange?

Le président Biden et Donald Trump ont une chose en commun en matière de commerce : ils craignent tous les deux que d’autres pays obtiennent un avantage inéquitable au détriment des travailleurs américains. Bien que M. Biden ait ajouté peu de nouveaux tarifs douaniers au cours de son premier mandat, il n’a pas non plus révoqué bon nombre des mesures prises par M. Trump. De plus, pour des raisons de sécurité nationale, il a limité la capacité de la Chine à acheter des puces d’IA de pointe de sociétés américaines.

Pendant ce temps, M. Trump est impatient de retourner se battre pour le commerce. Il propose de suite un tarif douanier de 10 % sur toutes les marchandises qui entrent aux États-Unis, tout en envisageant des droits de plus de 60 % sur les produits chinois, y compris une pénalité de 100 % sur les véhicules en provenance du Mexique s’ils sont fabriqués par des sociétés chinoises qui y sont établies. Le Congrès serait pratiquement sans pouvoir pour contrer ces décisions, car le président a presque tout le pouvoir discrétionnaire pour imposer des tarifs douaniers à un pays réputé avoir un avantage commercial inéquitable par rapport aux sociétés américaines. À cause de la première guerre commerciale de Trump, les États-Unis imposent déjà un tarif douanier de 25 % sur plus de la moitié des importations en provenance de la Chine et un tarif douanier moins élevé de 7,5 % sur de nombreux autres produits. De nouveaux tarifs douaniers feraient grimper l’inflation aux États-Unis, mais la hausse du dollar (découlant de la baisse de la demande américaine pour des devises et les produits étrangers) pourrait en tempérer l’effet. Cependant, le préjudice économique réel découlerait des mesures de représailles des partenaires commerciaux, y compris des alliés, ce qui pourrait mener à une série d’escalades en matière de droits de douane et de restrictions. Ces mesures de représailles entraveraient les flux commerciaux, perturberaient les chaînes d’approvisionnement et stimuleraient les coûts d’exploitation, en entraînant une hausse de l’inflation et un ralentissement de la croissance mondiale.

Graphique 2. Balances commerciales des échanges commerciaux bilatéraux des États-Unis (en milliards de $ US : données annuelles jusqu’en 2023)

Graphique linéaire montrant les soldes commerciaux bilatéraux américains avec le Mexique, le Canada et la Chine depuis 2004.

Source : Études économiques BMO, Haver Analytics, Census Bureau.

Une présidence de Trump pourrait également menacer l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Des tensions à l’égard de l’AEUMC nuiraient aux investissements des entreprises, en particulier pour les deux plus petits pays, et entraveraient la croissance économique nord-américaine. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord en juillet 2020, le surplus commercial de biens du Canada et du Mexique s‘est élargi avec les États-Unis. Après la Chine, le Mexique affiche le plus important excédent commercial avec les États-Unis. Cet excédent est deux fois supérieur à celui du Canada (voir le graphique 2). Chaque pays pourrait se retirer de l’AEUMC après avoir donné un préavis de six mois, mais on ne sait pas trop si l’approbation du Congrès est requise. L’accord fera également l’objet d’un examen en 2026, lorsque chaque membre devra décider de le renouveler au-delà de la date de résiliation préétablie de 2036.

Réglementation et géopolitique

Si Donald Trump est à la Maison-Blanche, la réglementation sera beaucoup plus légère que sous l’administration Biden. Cela pourrait soutenir la croissance à court terme, mais peut-être causer des risques à long terme. M. Biden est en faveur d’une réglementation accrue du secteur financier et appuie les propositions de Bâle III qui obligeraient les grandes banques à détenir plus de capitaux pour se protéger contre des pertes potentielles. Il favorise également l’application des politiques sur la concurrence pour les entreprises, ce qui pourrait mettre la barre plus haut dans le secteur des fusions et acquisitions. Fervent partisan des initiatives en matière d’énergie propre, il a récemment annoncé une pause des exportations de GNL. En revanche, au cours de son premier mandat, Donald Trump a allégé certaines des réglementations du secteur financier mises en place après la crise financière. Une victoire de Donald Trump profiterait au secteur de l’énergie, ainsi qu’au secteur bancaire. Il pourrait même ressusciter l’oléoduc Keystone XL, ce qui serait un plus pour le secteur canadien de l’énergie. Les tensions géopolitiques pourraient augmenter si le gagnant adopte une approche plus conflictuelle à l’égard de la Chine en matière de commerce ou de Taïwan. Trump a menacé de retirer les États-Unis de l’OTAN, ce qui pourrait encourager la Russie à prendre des mesures militaires plus agressives en Europe de l’Est.

Dernière ronde

En ce qui concerne la Réserve fédérale, les politiques favorables à la croissance de M. Trump pourraient rendre le Federal Open Market Committee un peu moins disposé à assouplir sa politique. Le poste du président Jerome Powell pourrait également être en jeu, attisant ainsi l’incertitude. M. Trump a nommé M. Powell en 2018, mais a dit qu’il ne le renommerait pas à l’expiration de son mandat de président en 2026.

Dans le cas d’une victoire de M. Biden, un déficit budgétaire favoriserait la croissance à court terme, qui pourrait être compensé partiellement par des réglementations plus strictes. Sous une présidence de M. Trump, un déficit budgétaire probablement plus important et une réglementation plus légère pourraient donner un coup de pouce supplémentaire à la croissance, en contrepartie d’un protectionnisme accru.

Quel que soit le vainqueur le 5 novembre, les risques d’inflation et les taux d’intérêt pourraient augmenter dans un contexte de politiques budgétaires expansionnistes. Cela dit, l’autre match important qui se jouera cette nuit-là déterminera qui prend le contrôle du Congrès. Une branche législative toujours divisée tempérerait les déficits budgétaires, tout en ayant moins d’influence sur le commerce et la réglementation.

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